Après ces aventures, la déesse Athéna décida de l'amener au Mont Hélicon où elle le confia au soin des Muses. Le jeune pégase, encore grisé par ses aventures, frappa le sol de ses sabots et une source en jaillit, Hippocrène. Cette source aurait eu des propriétés magiques, celle de donner le don de la poésie à quiconque en boirait. Urania, une des Muses, pressentant le fabuleux destin de Pégase, décida avec l'accord d'Athéna de l'éloigner d'Hélicon.

 Un jour, le jeune héros Bellérophon le vit. Depuis ce moment, il devint obsédé par la possession de ce merveilleux cheval réputé insaisissable. Pour le capturer, il demanda conseil à un devin qui lui donna un seul conseil : aller dormir au temple d'Athéna. (Pour ceux qui ne sont pas trop familier avec la vie grecque, il était courant de dormir dans les temples. On croyait que ceux qui y dormaient recevraient des messages directement des dieux). Celle-ci lui apparut en songe, lui donnant un cadeau pour l'aider à sa quête. Quand il se réveilla, il retrouva près de lui une bride en or (selon les versions c'est parfois un mors). Il chercha immédiatement Pégase et le trouva en train de s'abreuver à la source de Pirène, à Corinthe. Bellérophon s'approcha silencieusement et lui mit la bride au cou, capturant ainsi l'animal.

Suite à une histoire de meurtre, Bellérophon dû se réfugier chez Protée où il fut bien accueilli. Antéia, la maîtresse de maison, tomba amoureuse du jeune homme. Mais celui-ci n'était pas intéressé. Par peur d'être dénoncée ou par dépit, elle l'accusa alors d'avoir voulu la violer et réclama sa mort. Protée aimant bien le jeune homme ne put se résoudre à le tuer et l'envoya plutôt porter un message au roi de Lycie, le père d'Antéia, Io Bates (parfois écrit Jobatès).

Le roi accueillit chaleureusement Bellérophon et ne lut le message que plus tard. Le message en question demandait la tête du jeune homme. Tout comme Protée, il ne pouvait se résoudre à le tuer alors il décida de l'envoyer combattre la Chimère, une créature qui ravageait la Lycie depuis un certain temps. Il espérait que Bellerophon meure dans cette tâche et n'ait ainsi pas besoin d'accomplir lui-même cette tâche.  Avec l'aide du fidèle cheval, il n'eut aucun problème à venir à bout de la créature. Le roi l'envoya alors combattre les Solymes puis les Amazones. Il remporta la victoire à chaque fois. Pégase étant un jeune cheval, il adorait se lancer dans ces aventures et ne se faisait jamais prier. Voyant la force, le courage et les exploits de Bellérophon, le roi décida de lui donner sa fille plutôt que de le tuer.

 Cependant, Bellérophon, enivré de ses nombreuses victoires et se croyant l'égal des dieux décida, avec l'aide de Pégase, d'aller sur l'Olympe. Pour le punir de tant d'arrogance, Zeus envoya un taon (parfois une guêpe ou un éclair) piquer Pégase. Celui-ci devint fou et désarçonna son cavalier. Bellérophon tomba et se tua (ou selon d'autres versions, il devint un misérable, honteux et sans le sou). Pégase continua cependant sa course et Zeus l'accueillit dans son écurie personnelle. Il devint officiellement celui qui amenait la foudre et les éclairs au dieu. Il était à l'occasion la monture d'Eos (Aurora) pour lui faire traverser le ciel au petit matin, parfois il était aussi la monture d'Apollon qui le chevauchait lorsqu'il ne voulait pas utiliser son char. Quand vint le temps de sa mort, Zeus, pour le remercier et qu'ainsi les hommes ne l'oublient jamais, il le transforma en constellation.

 D'autres légendes coururent que Pégase aurait eu une femme et 2 enfants, après sa mort.

 D'autres chevaux ailés ont aussi existé mais sont oubliés, à jamais cachés dans l'ombre de Pégase. La liste suivante renvoie à des animaux étant vus comme étant des chevaux ailés et non des créatures dont une partie du corps provient du cheval.

 Pégase à travers le monde

Alborak/Boraq/Burak
Un coursier couleur de lait de l'Inde qui transporta le prophète Mahomet au 7e ciel. Il avait le visage et la voix d'un homme, les oreilles d'un âne, le corps d'un cheval et les ailes ainsi que la queue d'un paon. Ses yeux étaient aussi bleus que des saphirs et brillaient autant que les étoiles. C'est la première bête qu'Allah ressuscite à la fin des Âges et il se ferait donner une sacoche faite de rubis. Il transportera alors de nouveau le prophète au paradis.

 Alsvidur et Arvakur
Deux chevaux ailés de la mythologie Scandinave qui tiraient le soleil et la lune sous le guidage de Dag, la personnification du soleil. Sa crinière, ses ailes et ses sabots brûlaient avec l'intensité du soleil.

 Mamoun
Cheval ailé de la mythologie arabe qui était fait d'ambre et de musc pur avec des ailes faites de pierres précieuses. Dieu le créa pour Adam pour que celui-ci, guidé par l'archange Gabriel, puisse voler aux cieux pour entendre la parole de Dieu.

 Pyrippus
Chevaux machiavéliques de la mythologie grecque qui résident dans les Enfers et sont souvent dépeints comme ayant des ailes de chauve-souris, des écailles noires comme peau, des sabots fendus, une queue barbelée, un bec pour museau, une langue fourchue et une crinière, sabots et queue ardents. Le char d'Hadès était conduit par 3 de ces étalons.

Un dieu de la mythologie zoroastrienne a aussi eu une monture ailée nécessaire à l'accomplissement de ses tâches. Mir-Susne-Hum est le plus jeune fils de Num-Torum, le dieu suprême du panthéon Ob-Ugrians. Toutes les nuits Mir-Susne-Hum fait le tour de la terre sur son cheval volant qui voit tout. Celui-ci a une crinière d'or et des sabots d'argent. Grâce à la rapidité de sa monture, il peut surveilles que tout soit en ordre dans le monde.

 Symbolique

La symbolique du cheval ailé est multiple. Ne parler que du cheval, tout comme ne parler que des ailes ne rendraient pas justice à la complexité du symbolisme inhérent à cette fabuleuse créature.

 Le cheval est perçu par plusieurs comme le symbole par excellence de la force, la virilité et de la fougue. Il représente aussi la dévotion et la loyauté, l'esprit du guerrier, la bravoure, le courage, la liberté.

 Il combine la vitalité et la force du cheval avec la légèreté et la liberté de s'élever au-dessus des soucis terrestres de l'oiseau. Il était donc normal que Pégase devienne l'indomptable esprit poétique s'élevant au-dessus des obstacles de ce monde ; il est l'inspiration créatrice et la poésie elle-même. Il est le mixte d'un animal terrestre et céleste. L'union parfaite des forces naturels, la terre se liant au ciel. Le digne représentant de l'immortalité car même mort, il hante les cieux le soir. Pégase ne connaît aucune limite.

 Passant de la terre aux cieux plusieurs fois, il peut aussi être appelé dans le cas d'un voyage entre les mondes. La lumière et la vie de par son association avec Apollon, le soleil. Pégase, un des animaux des légendes grecques, a même été reconnu par le christianisme. Il symbolisait le transport de l'âme du chrétien défunt vers le Paradis, ainsi que l'inspiration et la lumière divine.

 La nature de Pégase est multiple : terrestre par sa forme, aérienne par ses ailes, aquatique par son père qui lui transmet une relation particulière aux eaux (né aux sources de l'Océan, Pégase fait surgir l'eau d'un coup de sabot) et monstrueuse par sa mère et sa naissance. Par sa capacité à faire jaillir les sources, comme par le fait qu'il transporte la foudre et le tonnerre de Zeus, Pégase partage les représentations associées aux chevaux blancs, chevaux de majesté. Il n'est pas un monstre comme sa mère mais aide à les combattre. Il devient ainsi l'outil du « bien » (les héros) face au « mal » (les monstres). On pourrait y voir aussi que le bien peut naître du mal, l'espoir que le mal n'engendre pas que le mal.

 Pégase peut aussi représenter un idéal à atteindre.

Lorsqu'il monte vers l'Olympe, il monte toujours plus haut, ne s'arrêtant jamais. C'est le but fixé à atteindre, celui qui semble impossible mais finit par le devenir. Il est ainsi la représentation de l'espoir. De plus, on peut y voir aussi le symbole de l'élévation spirituelle, passant du domaine terrestre à celui des Dieux qui lui font une place de choix parmi les leurs.
Article issu du défunt et regretté site "Le Grimoire de la Lune", retrouvé sur web.archive.org.