L'HISTOIRE COMMENCE

C'est cette petite étincelle, qui tenait probablement plus de l'ignorance de l'origine des maladies des deux femmes que d'une véritable malveillance, qui mit le feu aux poudres. Aussitôt le diagnostic posé, plus rapidement qu'il n'en faut pour démystifier la nouvelle, craintes et rumeurs se multiplièrent, jusqu'à conduire à la pendaison de 19 hommes et femmes. Cela dit, nombreux sont ceux qui moururent en prison et plus nombreux encore furent ceux dont la vie fut marquée à jamais.

LES RUMEURS, LES FAITS

Afin de comprendre les événements de ce qu'on appelle aujourd'hui "les procès des sorcières de Salem", il est bon de se pencher quelque peu sur la période où ces accusations de sorcellerie furent portées, de même que sur le climat qui y prévalait. Il existait, dans cette colonie côtière du Massachusetts, des tensions courantes, propres à la vie du XVIIe siècle ; forte croyance dans l'existence du démon, discorde parmi les familles, rivalité avec les habitants de la ville voisine, sans compter la menace d'une attaque des tribus guerrières. Et puis, il y avait aussi, ces années là, on le dit moins fort, le début d'une épidémie de syphilis. Tout cela, on se l'image, était plus que suffisant pour créer un climat propice à la peur et à la suspicion. Aussitôt donc que l'idée d'ensorcellement fut émise, on chercha les présumés sorciers et sorcières. Et quant la nièce et la sœur du révérend se mirent à prononcer des noms dans la tourmente de leur maladie, on fut persuadé d'avoir trouver les coupables ! Même si ce n'était là que divagations d'esprits confus et affaiblis par la maladie, plus de 150 hommes et femmes de Salem et des villes environnantes furent emprisonnées et tenues responsables des souffrances des deux femmes. Ne restait plus qu'à attendre la tenue du procès pour pratique de la sorcellerie, un crime passible de peine de mort dans cette Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle.

LE PROCÈS

En juin 1692, la cour spéciale Oyer et Terminer (Écouter et décider) se réunit à Salem pour entendre les descriptions des accusations de sorcellerie. Présidée par l'honorable chef de la justice, William Stoughton, la cour était constituée de magistrats et de jurés. Les affaires furent menées rondement : la première accusée à être jugée, Bridget Bishop, de Salem, fut entendu, condamnée et pendue le... 10 juin. Justice expéditive ? On ne peut décidément en douter puisque 13 femmes et 5 hommes de toutes conditions prirent le même chemin menant à la potence en seulement 3 jours.

Mais sans doute a-t-on eu un sursaut de conscience puisque cette cour fut subitement (et abruptement) supprimée pour le gouverneur de l'état, William Phipps qui en créa une nouvelle, la Cour supérieure de Justice, pour poursuivre les investigations et mettre un peu d'ordre dans cette affaire.

INNOCENCE

Plus cartésienne, les membres de cette cour mirent d'ailleurs peu de temps à rejeter la thèse des spectres et du diable et libérer les accusés. Mais la nouvelle cour ne relaxa pas seulement ceux qui avaient été emprisonnés dans l'attente de leur procès, elle alla jusqu'à acquitter ceux, nombreux, qui devraient être exécutés. Cela dit, cela ne parvint pas à faire oublier que l'on avait réellement cru dans le pouvoir des accusés d'utiliser des formes invisibles, ou des spectres, ou des démons, et que cela avait scellé le sort de ceux qui avaient comparu devant la cour "Oyer et Terminer". Mais les désormais célèbres procès des sorcières de Salem étaient clos.

SALEM AUJOURD'HUI

Au fil des ans, des excuses ont été offertes aux familles des ceux et celles qui ont été pendus et à ceux qui avaient été accusés et emprisonnés, une indemnité fut d'ailleurs versée aux unes et aux autres.

Depuis, ces événements tiennent une grande place dans l'imaginaire des habitants du Massachusetts et des américains en général, l'affaire a été scrutée et analysée sous tous ses angles et le temps leur a donné une proportion plus grande encore. Les résidents de Salem ont exploité le phénomène, jusqu'à surnommer leur ville ; La Ville des Sorcières.

De fait, lorsqu'on se promène au centre-ville de Salem, le Salem witche Museum côtoie le Witch Dungeon, The Witche house, le Salem Wax Museum et une bonne d'autre dizaines d'autres du même genre, sans compter les Dracula's Castle et autres Salem's Museum of Myth and Monsters. La plupart sont intéressants, relatant les événements de Salem ou la petite histoire de la magie, de la sorcellerie ou des autres phénomènes terrifiants, présentant parfois des exhibits originaux. Mais, il faut aussi le dire, d'autre tiennes aussi de la simple boutique de souvenirs !

Un petit conseil ; si vous souhaitez vous y rendre, retenez que c'est la période du 9 octobre au 1er novembre qui s'avère incontestablement la plus intéressante pour le visiteur puisque, tout au long de celle-ci, de nombreuses manifestations et plusieurs défilé costumé aux chandelles célèbrent l'Halloween, jour de la nouvelle année des sorcières. Plein d'activités donc, mais aussi l'occasion de rencontrer des sorcières et sorciers venant des 4 coins des États-Unis et même d'ailleurs dans le monde, car, en parallèle aux activités officielles, il se déroule plein de "covens" au cours desquelles on pratique la magie ensemble...